REPONSE AU COMMUNIQUE DU GIP du 18 SEPTEMBRE 2009
ESCALADE ET PARC NATIONAL DES CALANQUES : UNE REACTION JUSTIFIEE DES GRIMPEURS ET RANDONNEURS
Nous sommes en phase de concertation pour l’élaboration de la Charte du Parc National des Calanques.
Le 11 septembre 2009 au cours d’une réunion spécifique escalade, le GIP nous a présenté une proposition de réserve intégrale comprenant les falaises maritimes du Devenson (de l’Oeil de Verre à En Vau) et les falaises Soubeyrannes (de Canaille à L’aigle).
Après avoir fait part de notre étonnement sur ce projet de réserve qui n’avait jamais été évoqué en 10 ans de concertation, nous avons demandé les bases et les fondements de cette proposition. Celle-ci « se baserait sur l’expertise de scientifiques » dont les études et en particulier les objectifs n’ont fait l’objet d’aucune communication ou de publication.
Nous nous interrogeons donc sur les motivations réelles de cette proposition qui nous semble infondée.
La zone proposée couvre 40% ( !) des surfaces grimpées dans le massif des Calanques et cette zone est emblématique de « l’esprit des lieux ». Ce sont bien ces grandes voies situées dans ce secteur qui ont fait la réputation des Calanques et c’est bien là que les plus grands noms de l’escalade et de l’alpinisme ont signé parmi leurs plus belles réalisations : Gaston Rebuffat et Georges Livanos pour ne citer qu’eux.
La nouvelle qui suscite un grand émoi dans le monde de la grimpe et de la randonnée est à l’origine d’initiatives locales diverses pour se mobiliser : pétitions, blogs… La pétition sur le site escalade-calanques refusant cette proposition infondée de réserve intégrale, recueille en quelques jours plusieurs milliers de signatures (au 24 septembre plus de 6000 signatures).
Le jeudi 17 septembre le GIP présente, en atelier de concertation terre (Acout 4), la même proposition de réserve intégrale du Devenson et des falaises Soubeyrannes.
Et le vendredi 18 septembre, le GIP publie sur internet un communiqué (voir ci-joint). qui en substance « dénonce une polémique infondée basée sur des informations incomplètes voire fausses ». Interrogé, le GIP ne communique pas la liste des destinataires de son communiqué.
COMPLEMENT D’INFORMATIONS EN REPONSE AU COMMUNIQUE DU GIP DU 18 SEPTEMBRE 2009
Les associations marseillaises de sport de nature ont de tous temps pratiqué leurs activités dans le massif des calanques. Elles ont contribué sans relâche à protéger l’environnement de ce site exceptionnel en s’opposant à des projets immobiliers ou d’infrastructures les plus divers. Elles ont dés la première heure soutenu le projet de statut de Parc National pour lui assurer une protection pérenne.
Cette nouvelle protection ne doit évidemment pas interdire ou réduire de manière drastique la pratique des activités sportives qui participent à ce fameux « esprit des lieux » mis en avant dans l’avant-projet du Parc National des Calanques.
En particulier, les randonneurs et grimpeurs, conscients de certaines nuisances que peuvent apporter leurs activités, ont montré qu’ils savaient modifier leurs pratiques pour limiter voire supprimer les atteintes à l’environnement : éviter les éboulis, proposer des balisages spécifiques pour l’accès aux secteurs et voies d’escalade, respecter les périodes de nidification des oiseaux…Le GIP des Calanques a confirmé ces évolutions puisqu’il reconnaît que les grimpeurs sont parmi les premiers protecteurs de la nature.
Dans son communiqué du 18 septembre le GIP :
- dénonce une polémique infondée basée sur des informations « incomplètes voire fausses » : la proposition de réserve intégrale qui a été présentée par le GIP a été relayée par les représentants du GIP comme cela doit l’être dans une véritable concertation et consultation ; il n’y a donc pas eu de fausses informations.
- propose une « zone de tranquillité » : en fait ce ne serait qu’une nouvelle appellation non scientifique et moins inquiétante que le terme de réserve intégrale. La proposition de réserve intégrale est maintenue.
- souligne la « surface restreinte au regard de la superficie du projet de cœur de parc » : il est évident que sur une carte une surface verticale pèse très peu en regard des zones horizontales. Les surfaces réelles des falaises en question représentent plus de 40% des surfaces grimpées du massif des Calanques. Le périmètre marin de cette réserve intégrale couvre 8 km, soit prés du tiers de la cote du massif devenus ainsi inaccessible aux randonneurs ! Ce n’est donc pas une surface restreinte comme on essaye de le présenter !
- rappelle que « les propositions se basent sur les inventaires et diagnostics réalisés dans le cadre de la démarche Natura 2000 ». Or les réunions de la concertation Natura 2000 n'ont pas fait apparaître le besoin de mesures de protection exceptionnelles dans la zone concernée. Il n'y a donc pas d’études scientifiques de fond pour étayer une demande de réserve intégrale explicitant avec des critères chiffrés les objectifs de cette classification. Par ailleurs faut-il rappeler que déjà il existe plusieurs réserves interdites aux activités sportives : Ile de Riou et la Muraille de Chine (qui vient de brûler)
- rappelle que c’est l’assemblée générale du GIP qui prendra les décisions pour la présentation du projet à l’Etat : les cinq associations représentant le monde de la grimpe et de la randonnée au GIP totalisent 13 voix sur un total de 300 voix dont 100 voix pour les collectivités territoriales et 100 voix pour l’Etat. Ce sont donc les représentants de l’Etat et les élus des collectivités territoriales qui, par leur nombre de voix, décideront. Il faut donc faire connaître aux citoyens ce qui se prépare.
Le Parc National des Calanques qui se dessine se composerait de deux parties : une première partie qui s’apparenterait beaucoup plus à un parc de loisirs et d’attractions pour répondre à la demande touristique régionale et une deuxième partie, zone à protection forte, qui deviendrait un sanctuaire écologique dans laquelle toute activité humaine serait bannie pour justifier le statut de parc National. Ce n’est pas le parc qui a été présenté dans les documents de l’avant-projet.
COMMUNIQUE du GIP des CALANQUES
pour signer la pétition (www.escalade-calanques.fr)
