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Gite Paul Ruat (suite)

 

    M.ROUAIX trouva un camionneur qui accepta d'effectuer le transport du matériel jusqu'au Plan d'Aups. De là, une charrette tirée par deux chevaux lui ferait passer le Col de Bertagne, le descendrait le plus près possible de la Glaçière: environ à mis chemin entre le col et la source.

    Une concentration avait été prévue à cet endroit, car ceux qui avait répondu à l'appel prirent la relève et continuèrent le transport à dos d'homme jusqu'à la Glaçière.

    C'est ainsi que l'après -midi même, une tonne de matériel et matériaux de construction se trouvait sur le chantier.
    Les travaux commencèrent immédiatement.

    Mon frère Joseph et moi avions prévu de rester une semaine sur place pour ouvrir le chantier.Nous dormions sous la tente et étions ravitaillés tous les deux jours.
    Le chantier s'organisait petit à petit.Le refuge étant construit sur un "bancaou" au-dessous d'un replat où s'érigeait l'ancienne maison des gardes entièrement en ruine.C'est d'ailleurs de ces ruines qu'on extrayait les pierres qui nous était nécessaires à la construction ainsi que l'ersatz de sable,déblais de construction passés au tamis,le transport de grande quantité de sable s'étant avéré impossible.
    Un téléphérique constitué d'un cable métallique sur lequel se déplaçait une poulie fut même installé pour descendre les matériaux du chemin sur le chantier.
    Après le séjour de huit jours,les travaux se poursuivirent sans discontinuer tous les dimanches.

    Rendez-vous à 6h00 du matin à la gare Noailles d'où partait le tramway pour Aubagne,1h00 environ de trajet,poursuite du voyage par le trolley de Gémenos,20mn,casse-croûte au bar tabacs de la place . Ensuite départ à pied pour la Glaçière,arrivée vers 10h00, travaux et départ de la Glaçière selon la saison de manière à être à Gémenos avant le dernier trolley.
    Ceci dura une année complète et ce,par tous les temps.Il nous est même arrivé d'être obligés de désenneiger le chantier avant d'entreprendre les travaux.Le stock de ciment étant épuisé,il fallait le renouveler.Des bénévoles transportaient en voiture, quand ils le pouvaient, les sacs de ciment et les laissaient dans une grotte sur le bord de la  route où ils restaient entreposés.des appels étaient lancés auprès des sociétaires pour effectuer le transport jusqu'à la Glaçière.

    Les travaux avançant, on procéda à la mise en place du toit et de la cheminée.Entre temps, j'avais prévu un séjour de 8 jours avec un nommé DELEPINE,collègue de bureau,dévoué et bricoleur que j'avais fait adhérer à la Socièté.On avait en projet d'effectuer les finitions.
    Quand,le dimanche,on arriva sur le chantier,le toit et la cheminée attenante avaient été emportés par une tornade jusqu'au ravin.

    Des Excurs du groupe "la Casserole",des jeunes dévoués et costauds qui envisageaient de passer la nuit au refuge,avaient été obligés de bivouaquer en plein air et le matin avaient pris l'initiative de remonter les tôles du toit et la cheminée sur le chantier.Nous étions désorientés;ils ne restait plus qu'une solution:remettre le toiten place.On s'aperçut que c'était la poutre maîtresse qui avait cédé.on la remplaça par le seul madrier qui nous restait.On passa 8 jours à effectuer ce travail.Le toit en s'arrachant de son assise avait ébranlé le mur donnant sur la vallée,ce dernier s'était désolidarisé du reste de la construction.Ultérieurement,pour le consolider une armature métallique fut mise en place.

    Un dimanche suivant on s'apprêtait à colmater la fente due au décollement du mur de façade quand un excursionniste de passage,non un membre de la Socièté,nous indiqua qu'il était indispensable,vu les dégâts occasionnés,de reprendre les fondations de ce mur en sous oeuvre.N'étant pas du métier,ces travaux nous paraissaient risqués.C'est alors qu'il s'offrit spontanément à les effectuer,étant maçon de profession,ce que de bien entendu,nous avons accepté avec soulagement.................................................